Le Maître Jésus

Le Maître Jésus

Le Maître Jésus le Nazaréen, les esséniens et la descendance

Porté à votre conscience par Arcturius, le 23 août 2013

Le Maître Jésus

(Extrait du séminaire “Enseignements premiers du Christ” de Daniel Meurois – Québec 2004)

Jésus a étudié et pratiqué un certain nombre de disciplines, non seulement en Palestine dans la Fraternité essénienne du Mont Karmel, mais aussi en Égypte, en Inde, dans les Himalayas.

En fait, à l’âge de 14 ans, dès qu’il est sorti du Mont Krmel et que toutes les formalités religieuses ont été achevées, il a fait un premier voyage en bateau dans le sud de la Grande-Bretagne, dans les Cornouailles (Pays-de-Galles) avec son oncle Joseph d’Arimathie, pendant à peu près un an et demi. Là, il s’est familiarisé avec la culture Celte et l’a assimilée.

Ensuite, il est passé par l’Égypte, …

… puis il a fait un grand voyage par la route qui l’a amené jusqu’en Inde, où il a vécu de nombreuses années. Il est passé par le Tibet où il a vécu également quelques années.

Nous avons d’ailleurs séjourné avec Anne Givaudan et d’autres personnes dans un monastère de l’Himalaya en 1981, et nous avons eu la chance (car nous avions une très belle lettre d’introduction d’un très grand Lama) de dormir dans la cellule d’un Lama et, en discutant avec les responsables de ce monastère, ils nous ont certifié qu’ils détenaient des manuscrits rédigés et signés de la main même de Jésus, attestant qu’il avait séjourné au Laddak pendant plusieurs mois. Ce n’était pas le monastère que l’on trouve aujourd’hui car il a été reconstruit, mais c’est la même communauté écclésiastique.

Donc, il y a bel et bien des traces de son passage de ce qu’il a non seulement enseigné sur place mais de ce qui lui a été également enseigné.

On reviendra sur ce qu’il a pu assimiler de son côté dans cette période de sa vie.

Ensuite, il est resté en Inde plusieurs années, notamment dans la ville de Puri, qui se trouve sur la côte du Bengale, au sud de Calcutta. On pourrait même dire qu’il y a fait ses premières “armes” sérieuses, parce qu’il y a beaucoup enseigné auprès des Brahmines, mais il allait beaucoup plus loin qu’eux dans la liberté de conscience, ce qui fait que, à un moment donné, la société indienne de cette époque-là, qui était très structurée par les castes, avait voulu l’éliminer, il y avait eu un attentat contre Jésus auquel il avait échappé de justesse.

D’après ce qu’il nous avait raconté lui-même – car parfois, il nous parlait des aspects de sa vie privée lorsque nous étions en petit groupe -, cet attentat avait été pour lui un enseignement extrêmement formateur qui lui avait appris notamment à bien comprendre qu’il n’était pas venu faire un travail dans lequel il devrait y avoir d’implications sur le plan politique. En effet, il avait voulu mettre son grain de sel dans la société indienne pour briser justement la structure des castes. On notera que c’est aussi ce qu’a essayé de faire Ghandi deux mille ans plus tard et celui-ci a été assassiné.

C’est donc à ce moment-là, nous disait Jésus, qu’il a appris à faire la part des choses et à axer sa mission essentiellement sur l’aspect mystique, même si celui-ci a des aspects forcément révolutionnaires qui ont une réelle répercussion obligatoire sur la société.

Si vous avez des questions, avant qu’on aborde l’aspect métaphysique de l’enseignement du Maître Jésus ?

- Jésus vous parlait-il de sa naissance ?

- En ce qui concerne sa naissance, Jésus ne nous avait pas dit grand chose. Ce qui est certain, c’est qu’il est né dans un contexte politique très troublé. Ce qui a été raconté au niveau du massacre des Innocents est exact. Il y avait beaucoup de prophéties qui circulaient à l’époque et il y a eu effectivement une tentative d’extermination d’un certain nombre d’enfants et de familles susceptibles de porter le trouble.

Par ailleurs, comme je l’ai déjà dit, il n’est pas né dans une crèche ni dans une étable.

Par contre, ce qui est certain, c’est que l’histoire des Rois Mages, telle qu’elle nous est racontée, est tout simplement inventée. Ca ne veut pas dire qu’il n’y ait pas eu des astrologues, des Maîtres de Sagesse, qui soient allés voir le jeune Jésus quand il avait déjà grandi un peu et qu’il commençait à pouvoir parler, à manifester des traits de tempérament, de caractère et d’enseignement assez exceptionnels.

Il y a même eu un astrologue – du nom de Lamaas – qui est venu voir la famille très tôt, et celui-ci a d’ailleurs suivi Jésus une bonne partie de sa vie, j’en parle dans “De Mémoire d’Essénien”. C’est sans doute une des personnes qui ont donné naissance à cette fameuse image symbolique des Rois Mages, mais il faut bien comprendre que les Rois Mages ont été placés là comme une clé ésotérique parce qu’ils servent d’enseignement sur le plan alchimique pour ceux qui s’adonnent à l’alchimie. Mais, pendant les premiers siècles du Christianisme, on ne parlait jamais des Rois Mages, ils ont été surajoutés, tout comme le village de Nazareth.

Donc, il n’y a pas eu trois Rois Mages, même s’il y a eu certains astrologues comme Lamaas qui se sont intéressés à la présence de Jésus, tout simplement parce qu’à l’époque, il avait des prédispositions et on attendait véritablement quelqu’un. Mais il n’y a pas eu de grandes annonces faites sur la place publique, cela s’est fait assez discrètement… Sauf que dans la Fraternité essénienne, il s’est dit tout de suite que le fils de Marie et de Joseph avait quelque chose de particulier, mais cela est resté très “souterrain” pendant des années. Il n’y avait que les gens qui le cotoyaient de près qui avaient remarqué assez rapidement qu’il n’était pas tout à fait comme les autres enfants. Aujourd’hui, on dirait qu’il était bizarrement indigo, avant l’heure !

- Est-ce que Jésus était l’aîné parmi les enfants de Marie et Joseph ?

- Non, ce n’était pas l’âiné de la Famille mais le premier né de Marie. Il avait des frères plus âgés qui étaient nés d’un premier mariage de Joseph. Ensuite, il a eu des frères et des soeurs de par sa mère Marie, dont Thomas.

Donc, lorsqu’on parle de la virginité de Marie en tant que référence absolue dans le catholicisme d’aujourd’hui…. eh bien, à l’époque, ce n’était pas vrai ! Parce qu’on voyait très bien – et elle ne s’en cachait pas – qu’elle avait donné naissance à d’autres enfants.

Dans la Fraternité Essénienne, par rapport à la naissance de Jésus, très vite, on s’est dit qu’il y avait eu une influence divine au-delà de l’intervention de Joseph. Mais cette histoire où Joseph a dû très très vite être disculpé, ça ne s’est pas vraiment passé comme le racontent les évangiles. En fait, il y a eu une espèce de flou. Joseph n’a pas cherché aussi systématiquement qu’on l’a prétendu à s’extraire de la paternité de Jésus. Personnellement, je ne sais pas ce qui s’est exactement passé, je n’ai pas eu accès à ce genre de confidence, mais du temps de la vie adulte de Jésus, celui-ci était bel et bien considéré comme le fils de Marie et de Joseph, ce dernier était bien son père. Puis, Marie a eu d’autres fils et des filles, c’était très clair, et on ne voyait pas pourquoi il en aurait été autrement, cela ne choquait personne.

En fait, le Christianisme a voulu tout simplement gommer l’aspect du corps humain pour diverses raisons. Mais là où il y a eu confusion, c’est entre la virginité sur le plan physique et la virginité au niveau de l’âme.

Lorsque je parle de la virginité au niveau de l’âme, je fais référence au niveau “karma zéro” de Marie. Elle s’était réincarnée en tant qu’être qui avait fait tout le tour des incarnations obligatoires et qui avait éliminé toutes ses mémoires karmiques. Donc, elle n’était plus obligée de suivre le cycle d’incarnation dans la matière, elle était arrivée au niveau de ce que les Orientaux nomment Boddhisatva Réalisé, c’est-à-dire qu’elle était revenue (dans un corps) sans karma, sans tâche, sans péché, donc sans souvenir d’une charge antérieure, donc suffisamment pure pour pouvoir accueillir un être exceptionnel.

Ce que je pense personnellement, c’est qu’au moment de la procréation de Jésus, Joseph a été adombré*, c’est-à-dire investi par une conscience de type divin et qu’il fallait l’extrême pureté de la conscience de Marie pour pouvoir porter en elle une présence qui était déjà énergétiquement aussi forte.

« NDM : L’adombrement* est ce qu’on nomme en hébreu un Ibbour, ce qui est extrêmement courant »

Donc, on a confondu la pureté sur le plan de l’âme avec une pureté que l’on estime obligatoire sur le plan physique. Je crois qu’il faut voir véritablement les choses comme cela.

En ce qui concerne la personnalité de Joseph, c’était un homme extrêmement fort, qui avait une autorité naturelle. Ce n’était pas l’artisan-charpentier très discret qu’on en a fait dans l’imagerie, c’était au contraire quelqu’un de vénéré. Il avait une belle stature…qu’il a d’ailleurs transmise au Maître Jésus qui, lui aussi était très costaud, grand, bien plus “charpenté” (sans faire de mauvais jeu de mot) que la majorité des hommes de son époque, et il tenait cet aspect solide vraisemblablement de son père Joseph.

Joseph était quelqu’un de très connu et de très respecté, il avait une autorité naturelle, il suffisait qu’il dise quelque chose pour que le monde autour de lui se taise.

Voilà, c’est tout ce que je peux dire au niveau de la naissance de Jésus. Je n’étais pas là… j’étais dans un autre petit village !

Le contexte de l’époque de Jésus

 

(Extrait du séminaire “Enseignements premiers du Christ” de Daniel Meurois – Québec 2004) Pour parler du Maître Jésus et de ses enseignements, je crois tout d’abord qu’il est extrêmement important de se replacer dans le contexte de l’époque.

Il y a deux mille ans, on vivait dans un contexte d’occupation, on était en terre occupée par l’armée romaine depuis une cinquantaine d’année, ce qui fait que les Romains faisaient vraiment partie du décor. Bien sûr, il étaient considérés comme des envahisseurs, mais il y avait aussi des amitiés et des amours qui se liaient entre les Romains et les Juifs de l’époque qui habitaient la Palestine. Donc, on croisait les Romains au coin de la rue, certains s’amusaient à “jouer les petits chefs”, et puis d’autres qui étaient tout simplement mêlés aux personnes du pays, à tel point qu’il y avait effectivement des mariages entre Juifs et Romains, il y avait des Juifs qui obtenaient la “citoyenneté” romaine, etc..

Tout ceci créait un climat social assez particulier, dont certains s’accommodaient très bien et d’autres pas, comme les Zélotes, qui étaient un peu les résistants à l’envahisseur. Toutefois, ils ne faut pas croire que les Zélotes étaient une sorte d’armée secrète bien organisée. C’était plutôt une armée de brigands ! Il y avait forcément des personnes qui étaient très patriotes et très idéalistes dans leur sein, mais on recrutait beaucoup et plus les années passaient, plus les Zélotes recrutaient beaucoup chez les bandits de grands chemins qui avaient plus de facilité à dégainer le glaive ou le couteau.

Aujourd’hui, on dirait qu’ils étaient des terroristes… sauf que le terrorisme de l’époque était un peu moins meurtrier que celui d’aujourd’hui parce que, quand il n’y a pas de bombes, on s’affronte d’homme à homme et le climat était tout à fait différent, ça va de soi. Mais les Zélotes intervenaient donc un peu n’importe quand, lorsqu’on ne s’y attendait pas, dans la société palestinienne de l’époque et ils attaquaient quelque fois des villages qu’ils estimaient trop collaborateurs avec les Romains. Ils attaquaient également les petits détachements de Romains. Bref, ils faisaient une sorte de harcèlement de façon à ce que l’armée romaine soit constamment en état d’alerte, et ils partaient du principe que, selon la fameuse prophétie que tout le monde connaît, un libérateur devait arriver en Palestine, et qu’eux, les Zélotes, étaient là pour lui préparer le chemin… et ils le cherchaient. Cependant, ils pensaient que ce devait être forcément une sorte de militaire, un chef d’armée, et qu’on ne pouvait pas chasser les Romains autrement que par la voie des armes.

Vous pouvez remarquer qu’on retrouve encore certains contextes qui nous suivent aujourd’hui. L’histoire se répète toujours un petit peu, il y a toujours des affrontements armés dans cette partie du monde et on attend toujours, plus ou moins, des libérateurs.

Donc, les Zélotes attendaient un libérateur, un roi, mais ils n’étaient pas les seuls à attendre cet événement, l’ensemble du peuple Juif attendait également un libérateur et ceux qui en parlaient beaucoup étaient surtout les Esséniens, les Nazarites et les Nazaréens, qui faisaient partie du décor de l’époque. Généralement, on parle beaucoup des Esséniens parce qu’ils sont devenus célèbres avec les fameux manuscrits de la Mer Morte, mais, à l’époque, je dirais qu’ils étaient les moins connus de ces trois groupements mystiques. A l’époque, on parlait beaucoup plus des Nazaréens et des Nazarites.

En réalité, la distinction était assez faible, c’était des petites querelles doctrinales. C’est le même type de différence qu’on peut retrouver aujourd’hui, par exemple, dans les différents écoles du Bouddhisme Tibétain. A l’époque, c’était un peu la même chose, si ce n’est que les Esséniens étaient beaucoup plus discrets que les autres, en dehors du fait qu’ils avaient de très grandes écoles comme celle du monastère du Krmel ou comme celle du monastère de la Mer Morte, de Qumran. En dehors de cela, dans la vie quotidienne, ils étaient infiniment plus discrets que les Nazarites et les Nazaréens.

Ce qui fait que lorsqu’on a vu le Maître Jésus apparaître sur la place publique pour enseigner au fil des mois et des années, on ne l’a jamais pointé du doigt en disant “voilà l’Essénien”. C’était le Nazaréen ou le Nazarite, parce qu’ils étaient tous habillés de la même façon, la grande robe blanche, les cheveux longs, la barbe, etc…, c’était un peu comme le signe distinctif qu’on retrouve chez les Sanyasim ou les Swami en Inde qu’on voit souvent avec la même robe orange, etc… Et bien, à l’époque, quand on voyait arriver un homme avec des cheveux longs, la barbe et une longue robe blanche en lin, on disait “C’est un Nazarite” ou “C’est un Nazaréen”.

Par contre, à l’époque, on n’appelait pas le Maître Jésus en disant “Jésus de Nazareth”, pour la simple raison que le fameux village de Nazareth n’a jamais existé ! On disait tout simplement : “Jésus le Nazaréen”, en faisant référence à sa communauté. Aujourd’hui, on dirait une secte. Ce mot est employé aujourd’hui d’une façon négative, mais les Nazarites, les Nazaréens et les Esséniens étaient ce que nous appellerions aujourd’hui une secte du Judaïsme. Mais, en fait, c’était des communautés distinctes au sein même du Judaïsme.

On disait donc “Tiens, voilà Jésus le Nazaréen”. En fait, on a inventé le village de Nazareth en Palestine tout simplement pour les besoins des premières personnes qui ont voulu entreprendre des pélerinages vers le deuxième ou troisième siècle de notre ère. Evidemment, cela n’est pas encore tout à fait reconnu par l’Eglise catholique et l’Eglise chrétienne en général, parce que ça ne serait pas bon pour eux de reconnaître ces choses-là, surtout quand, sur place, on désigne le puits de la Vierge-Marie, quand on désigne la grotte où ils ont vécu un certain temps, etc… Ce sont des lieux de cultes qui ont été construits de toute pièce. Ca n’empêche pas qu’il faille les respecter aujourd’hui et qu’ils soient extrêmement sacrés, parce que lorsque des millions et des millions de personnes, au fil des siècles, viennent prier sur un lieu, celui-ci est rendu sacré ne serait-ce que parce qu’il est sorti du coeur des ces millions de fidèles. Mais il faut savoir qu’historiquement parlant, c’est inventé !

Le village dans lequel le Maître Jésus a passé une partie de son enfance, n’avait pas de nom particulier. On disait : “C’est le village des frères Nazaréens ou des frères Esséniens”, pour ceux qui en habitaient le plus près… et je ne pense pas que les ruines de ce village existent encore aujourd’hui, c’était tout à fait petit et il a été vite supplanté par d’autres bourgades plus grandes au fil des siècles.

Donc, Nazaréens, Nazarites et Esséniens, faisaient un peu partie de la même famille, à la seule différence près que les Esséniens étaient beaucoup moins rigides dans leur approche de la mystique et de la recherche intérieure. Ils se distinguaient surtout par le fait qu’ils étaient des thérapeutes ; c’était leur “spécialité”, pour employer un terme un peu plus moderne. Ils étaient connus pour leur maniement de la voix, du chant, très très doux, qui en faisait d’eux des êtres vraiment à part dans la société, mais le reste du peuple ne faisait pas trop de différence.

Il y avait également, au-delà de ces trois écoles de pensée, une autre catégorie sociale qu’on appelait les sadducéens, qui étaient, je dirais, les bourgeois de l’époque. C’était des gens qui étaient nantis, d’une classe à la fois bourgeoise et qui avaient parfois certaines lettres de noblesse. En général, c’était parmi eux que les Romains recrutaient le plus de collaborateurs. Les Sadducéens trouvaient finalement leur compte à ce qu’il y ait un commerce avec les Romains, parce qu’ils étaient de la classe dominante et parce qu’il ne souffraient pas particulièrement de l’oppression de l’occupation romaine, et même, quelques fois, bien au contraire. C’est d’ailleurs pourquoi les Zélotes s’en prenaient souvent à eux.

La dernière classe sociale qui pactisait assez facilement avec l’armée romaine, c’était les Pharisiens, la classe sacerdotale de l’époque. Ceux-ci n’avaient pas très bonne réputation, tout simplement parce que c’était des prêtres qui appliquaient strictement la loi, le dogme, et qui étaient réputés pour avoir très peu de compassion. Bien entendu, on ne peut pas généraliser… tout comme aujourd’hui, on ne peut pas généraliser en mettant toutes les personnes qui ont de l’argent dans le même panier. Ce serait stupide. Il y a partout des gens qui ont du coeur, ça va de soi, mais disons, globalement parlant, que c’était un peu comme ça, les pharisiens n’étaient pas aimés par beaucoup de gens, à part évidemment les Romains qui manoeuvraient beaucoup avec eux pour “tirer les ficelles”.

Il y avait d’ailleurs une espèce de jeu quelques fois assez malsain : les Romains et les Pharisiens se renvoyaient la balle lorsqu’il y avait des décisions politiques ou religieuses à prendre. Les Pharisiens disaient : “Ce n’est pas nous qui avons dit cela, ce sont les Romains”, et les Romains disaient “Allez voir vos prêtres, c’est eux que ça regarde”. Cela mettait une sorte de flou dans la société dans laquelle, finalement, le pouvoir dominant y trouvait son compte parce que, c’est toujours un peu la même chose, quand une société est cloisonnée comme cela, ceux qui règnent le font par le cloisonnement de cette société. Il faut voir ce qui se passe encore actuellement en Inde : ceux qui dirigent s’accommodent très bien du fait que la société soit divisée en castes, parce qu’ainsi, on ne peut pas créer une unité qui réagisse contre un pouvoir central qui serait beaucoup trop dominant.

Il y a une chose qu’il faut savoir et dont on ne prend pas assez suffisamment conscience quand on lit les évangiles ou des livres sur cette époque-là, c’est que le port de l’arme était quasiment systématique, généralisé. Il était extrêmement rare de ne pas voir une personne avec un coutelas au côté, et même quelques fois, une épée courte. Il n’y avait pas que que les Romains qui portaient des glaives, pratiquement tout le monde était armé et cela ne gênait personne car cela faisait partie du décor, tout comme aujourd’hui, tout le monde a sa voiture ou presque, et quelqu’un qui n’a pas de voiture fait un peu figure d’exception dans notre société ; et bien à l’époque, porter un coutelas était tout à fait normal, ceci parce que celui-ci servait à tout. Déjà, on n’avait pas de fourchette, par contre on avait un couteau. Eventuellement, il servait à se défendre parce qu’en ces temps-là, les routes étaient relativement peu sûres, il y avait pas mal de brigandage et, quelques fois, du brigandage politique comme celui des Zélotes.

Si je parle de cela, c’est pour qu’on prenne bien conscience, aussi, que les apôtres ne faisaient pas bande à part à ce niveau-là, ils étaient armés pour la plupart d’entre eux. On peut avoir du mal à concevoir cela quand on se réfère aux belles images pieuses ou aux films qui ont été tournés sur ce sujet-là, où l’on voit tous ces apôtres avec de belles robes derrière le Christ en train de marcher, tout le monde bien propre et bien sage, écoutant le maître comme douze saints en puissance…

Mais ce n’était pas ça du tout cela ! Tout d’abord, au début, c’était tout à fait informel. On s’est figé dans notre tête les douze apôtres mais ils n’étaient pas que douze. Je reviendrais là-dessus plus loin, mais tout ça pour dire qu’on voyait plutôt, autour d’un individu particulier, un groupe d’autres individus qui faisaient vraiment figure du peuple, tout simplement, avec des tuniques courtes, quelques fois un simple pagne, etc… La plupart d’entre eux avaient l’air un peu de va-nu-pied, ce n’étaient pas les beaux grands jeunes premiers ou les beaux grands barbus qu’on voit au cinéma aujourd’hui.

Quant au gros couteau (ou coutelas), c’était les hommes du peuple qui le portaient, si ce n’est l’épée. D’ailleurs, il y a un passage des évangiles qui laisse bien deviner le fait qu’ils étaient armés. Seulement, ce passage-là, je n’ai jamais vu un prêtre qui en parle en chaire parce que c’est sans doute un peu gênant d’aborder ce genre de chose puisque cela fait remettre tout un tas de notions en cause.

Mais souvenez-vous de ce passage dans l’évangile qui parle de l’arrestation du Christ sur le Mont des Oliviers, et où l’on dit qu’il y a un des apôtres qui a voulu s’interposer et qui, d’un coup de couteau ou d’épée, à coupé l’oreille d’un soldat romain. C’est très bref dans l’évangile mais ça veut dire quoi ? Tout simplement qu’il avait bien une arme sur lui et que, donc, il ne s’agissait pas uniquement d’un groupe de mystiques qui allaient tout simplement prier sur le Mont des Oliviers, aux côtés du Maître. C’était aussi des hommes qui étaient mêlés à tout le monde et qui avaient encore leurs habitudes courantes, et cela ne choquait personne ! C’était comme ça. On ne pensait pas à dire à quelqu’un : “Tiens, toi, t’es armé, alors t’es dangereux”. C’était aussi normal que d’avoir aujourd’hui un portefeuille dans sa veste.”

Les apôtres

 

(Extrait du séminaire “Enseignements premiers du Christ” de Daniel Meurois – Québec 2004)

lacenevinci.jpgVoyons maintenant les personnalités très diverses des apôtres, ceci afin de savoir à qui on avait à faire. Tout d’abord, ils n’étaient pas douze comme on le prétend. Bien sûr, il y a les douze dont on parle traditionnellement mais le 12 est surtout un chiffre ayant une certaine valeur sur le plan symbolique et cosmique. Donc, les premiers pères de l’Eglise, ceux qui ont structuré la religion chrétienne, ont fixé ce chiffre douze, plus en raison de la symbolique qu’en raison de ce qui s’était vraiment passé dans les faits.

Il est vrai qu’à un moment donné, je me souviens très bien qu’il y en avait douze à être conviés à certaines réunions plus privées. Mais, ceci dit, on a mis du temps à prendre conscience qu’il y avait peut-être douze personnes plus particulières que d’autres. Mais, très souvent, on se retrouvait 15, 20, 30, 50, voire beaucoup plus, à marcher ensemble sur les chemins de Palestine. En tout cas, cette notion des douze apôtres ne nous habitait pas du tout à l’époque.

Il est clair que ça ne ressemblait pas du tout à ce qu’on a pu voir dans les films. Comment dire ? Comment cela se passerait aujourd’hui si quelqu’un prenait la parole sur une place publique en montrant un certain charisme ? Il ne va pas aller chercher du monde dans la foule, n’est-ce pas ? Cela va se faire petit à petit, par le jeu des affinités, des amitiés qui se louent, puis quelqu’un va se dire : “tiens, allons lui parler, ça m’intéresse” ; alors, on va le voir et lui nous dit de revenir le voir, etc… et ainsi, il y a alors des petites rencontres qui se font au fil des semaines, ce qui fait que, à force, il se crée une sorte de famille d’âmes.

Puis, autour de cette famille d’âmes – qui constitue finalement un noyau au bout de quelques mois – il y en a d’autres qui viennent se greffer, puis il y en a qui changent d’avis et qui partent. Il y a eu effectivement des apôtres de la première heure qui ne sont pas restés. Il y a eu des disciples qui furent emballés pendant les premières semaines, les premiers mois, puis qui ont eu des rappels familiaux ou bien qui ont eu peur de se faire embarquer dans des affaires politiques. Certains sont revenus par la suite, d’autres pas. Il y a eu même un apôtre de la première heure, un Jacques (mais pas celui dont on parle dans les évangiles) qui est mort très rapidement.

Bref, vous voyez, ce n’était pas ce qu’on pense habituellement. C’était un groupement humain qui était extrêmement mobile, et où, finalement chacun a fini avec les mois et les années par avoir une sorte de fonction, de rôle. Il y en a qui étaient plus habiles à un travail manuel, d’autres qui étaient doués pour parler en public ou pour collecter quelques fonds car il en fallait aussi. D’ailleurs, cette notion financière à aussi son importance car on parle toujours de Jésus qui, pendant trois années officielles, a marché à travers la Palestine mais personne nous dit comment il a vécu.

Officiellement, on nous dit que c’était quelqu’un de pauvre, d’une famille très très humble, charpentier…mais alors comment as-t-il vécu ? Si, aujourd’hui, quelqu’un tend la main dans la rue pour vivre, on dira “c’est un quêteux” et on ne fera pas attention à lui. Est-ce que cela veut dire que Jésus a tendu la main pendant trois ans ?

Non, bien sûr ! Cela veut dire qu’il était entouré également de personnes qui avaient les moyens, comme Joseph d’Arimathie, tout comme Zacchée et bien d’autres dont on parle dans les évangiles, mais aussi des personnes moins connues ou inconnues, dont le nom ou la notoriété n’a pas survécue, et qui faisaient des dons à la petite communauté.

Aujourd’hui, avec notre mentalité occidentale, on dirait qu’il se faisait… entretenir ! C’est vrai, mais on ne voyait évidemment pas les choses comme ça à l’époque, parce qu’on estimait que le bien-être de quelqu’un qui vouait sa vie à une mission divine, à une mission d’enseignement, était de la responsabilité collective*. C’est une mentalité qu’on ne peut pas avoir aujourd’hui dans le monde occidental parce qu’il y a toujours des gens qui en profitent, qui en abusent, puis aussi parce qu’on est dans un monde qui accorde une place secondaire (si ce n’est tertiaire ou quaternaire) aux questions d’ordre métaphysique. Par contre, dans un pays comme l’Inde, c’est encore une notion qui est tout à fait normale !

(NDM: Cette responsabilité collective* existe encore aujourd’hui au sein du judaisme, où les rav vivent des dons de la communauté.)

Donc, Jésus a effectivement vécu des dons des uns et des autres, mais il faut savoir aussi que la famille dont il était issu n’était pas aussi pauvre qu’on le prétend officiellement. Son père n’était pas un pauvre charpentier, c’était d’abord le grand responsable de la Fraternité Essénienne et, pendant bien des années, il avait été le Prêtre du Temple Essénien de Jérusalem, de la Fraternité d’Héliopolis. Donc, c’était bien une autorité dans le pays, c’était quelqu’un qui était connu dans certains milieux. Il travaillait bien le bois, effectivement, c’était son métier, mais c’était quelqu’un qui recevait également beaucoup de cadeaux. La famille de Jésus n’était donc pas la dernière famille du peuple et Jésus n’est pas né dans la fameuse mangeoire de la crèche. Il est né dans un des ces Bethsaïd dont j’ai parlé dans “De Mémoire d’Essénien” : les Bethsaïd étaient des sortes de petit hopitaux, des dispensaires, qui étaient mis en place par la Fraternité essénienne, sur les territoires de Judée, de Samarie, bref, un peu partout en Palestine.

Ces Bethsaïd étaient simples, mais pas du tout pauvres comme on peut le concevoir aujourd’hui. De même, la famille de Jésus vivait dans un état de frugalité, de simplicité, mais pas de dénuement. Il n’y avait pas de misère dans la Palestine de cette époque-là telle qu’on peut la trouver aujourd’hui dans les pays du Tiers-Monde. Il y avait effectivement des pauvres mais les gens ne mourraient pas de faim, il y avait une sorte d’équilibre social et les familles dont était issus Jésus et les apôtres étaient, en général, d’un milieu social au-dessus de la moyenne. Parmi les apôtres ou disciples, il y avait, bien sûr, de simples pécheurs (poissonniers), mais c’était déjà des gens qui savaient tirer leur épingle de la société.

Donc, il ne faut pas mettre la pauvreté au rang des vertus qui étaient systématiquement cultivées par les enseignements du Christ, tout comme on l’a prétendu pendant deux mille ans. La simplicité était enseignée mais pas nécessairement la pauvreté pour elle-même. Je crois que la notion de pauvreté a été mise en exergue par l’Eglise catholique et chrétienne, surtout dans un but de domination du peuple et pour s’enrichir de son côté !

Enfin, tout a sa raison d’être, il ne s’agit pas de critiquer quoi que ce soit mais c’est pour dire qu’il faut véritablement essayer de se replacer dans le contexte de l’époque et de ne pas faire dire au Maître Jésus ce qu’il n’a jamais dit.

En quelque sorte, il y a une petite parole que l’on retrouve beaucoup en France et qui traduit assez bien sa façon de voir les choses. Le fond de sa pensée était que si la richesse n’est pas une qualité, la pauvreté n’est pas une vertu. Evidemment, on n’avait pas à rechercher la pauvreté et le Maître Jésus prêchait plutôt une forme d’abondance…mais nous en reparlerons plus loin.

Revenons aux apôtres et à ce groupement qu’ils constituaient et qui était assez informe, qui allait et venait… Dans ce groupe d’apôtres, il y avait quand même des personnalités qui se détachaient des autres. Dans un groupe d’humains, il y a toujours des gens qui montrent un peu plus le bout de leur nez, soit parce qu’un maître va les chercher, soit parce que, tout simplement, leur personnalités, plus affirmées que celle des autres, fait qu’ils ont envie et qu’ils ont besoin de se mettre en avant.

Pierre, par exemple, (qui, comme chacun le sait, s’appelait Simon à l’époque ) avait besoin de se mettre en avant. Ceci est clair.

Jean, qui s’appelait Eliazar, avait également besoin de se mettre en évidence, mais, à l’inverse de Pierre, il n’osait pas le faire et c’est pourquoi il développait une sorte de frustration. J’en parle un peu dans “Chemins de ce temps-là” : il voulait faire comme le Maître, il avait besoin de se sentir valorisé au côté de Jésus, mais, contrairement à Pierre, il n’osait pas beaucoup prendre la parole en public. Mais c’était néanmoins une personnalité qui se faisait remarquer parce qu’il était pratiquement, avec Judas l’Iscariote, le seul lettré de toute l’équipe. Alors, quelques fois, Jean avait tendance à snober un peu le monde.

Attention : je dis cela non pas pour rabaisser ces personnes mais pour bien faire comprendre que c’était des gens qui, comme le Maître Jésus, n’étaient pas figés dans un moule de béton, ils ne sont pas nés saints comme ça par miracle ! On a toujours tendance à penser qu’ils étaient des êtres assez parfaits, et que, lorsqu’ils sont arrivés là, ils ont de suite pris leur auréole, etc… mais ce n’est pas ça du tout, ils avaient aussi leurs propres problèmes, quelques fois leurs propres complexes, leurs propres handicaps à dépasser.

Par exemple, Pierre avait besoin de se montrer et, très souvent, il a été un peu ramené à l’ordre parce qu’on trouvait qu’il parlait un peu trop fort et, quelques fois, mal à propos.

Jean, lui, n’osait pas mais il voulait. On le snobait aussi un peu parce qu’il en savait visiblement plus que les autres, il savait écrire et lire, et aussi parce qu’il avait été instruit par la Fraternité Essénienne. C’était, avec Thomas, le seul des disciples les plus proches à faire partie de la Fraternité Essénienne. Alors, à cause de cela, beaucoup de gens le regardaient un peu de loin, il était un peu à part, il ne faisait pas partie des gens facilement abordables si je puis dire.”

Les esséniens

Selon les manuscrits de la mer morte

 

qumrangrotte.jpgPhoto :Vue des grottes de Qumran

 

Les esséniens étaient des juifs vivant en communauté installés dans le désert de Judée, à Qumran, et dont on a retrouvé les manuscrits (dits «de la mer Morte») en 1947. Ils avaient traversé deux mille ans dans des jarres, elles-mêmes dissimulées dans des grottes. Malgré le temps qui avait dévoré les contours des rouleaux, on a réussi à reconstituer des textes et des fragments de texte.

Qui étaient ces esséniens ? Beaucoup d’incertain demeure à ce propos. On sait qu’ils s’établirent pendant deux à trois siècles, arrivés aux alentours du troisième siècle avant Jésus-Christ et délogés par les Romains entre 66 et 70, lors de la révolte des juifs. La plus grande partie de la littérature que l’on peut lire à leur sujet est orientée. Certains veulent y voir les premiers chrétiens, et donc l’inexistence de Jésus, celui-ci étant le «Maître de Justice» de cette secte, légèrement différent de celui qui, selon eux, est imaginé dans les Évangiles. D’autres, au contraire, nient les ressemblances et les coïncidences et veulent y voir des juifs très orthodoxes qui n’ont aucun rapport avec les premiers chrétiens.

Jusqu’à présent, l’essénisme est la plus plausible origine du christianisme. Et grâce à elle, il y aurait un fort trait d’union entre le judaïsme et le christianisme. Les chrétiens ne seraient autres que des juifs libéraux et réformateurs, dans la prolongation d’Isaïe, de Jérémie, des Proverbes et de la Sagesse – et bien-sûr, de Jésus. D’ailleurs, certains aspects de l’essénisme frappent particulièrement par leur ressemblance avec le christianisme, et l’on ne peut décemment pas prétendre que cela soit dû au simple hasard.

De l’époque de Jésus-Christ, les esséniens nous ont laissé pratiquement les seuls textes qui constituent toutefois une grande bibliothèque. On a pu retrouver presque tous les livres de l’Ancien Testament avec cependant quelques nuances dans l’écriture, des commentaires, et des œuvres personnelles. Ces dernières sont de deux sortes en particulier : les unes véhiculent une pensée très orthodoxe, exigeant le respect des règles allant jusqu’aux moindres détails. Le rouleau du temple énonce les sacrifices (13.9), les exigences, et réclame de la part des moines un respect de la loi très rigoureux. Cette même règle entraîne en cas de non respect des punitions très strictes allant de la défense de parler pendant un laps de temps, jusqu’au bannissement pendant plusieurs années. D’autres manuscrits sont en revanche les support d’une pensée plus étonnante, voulant mettre l’accent sur les points essentiels de la religion. Ce sont des compositions originales. Les principales idées fondatrices du christianisme y sont récurrentes : la circoncision prônée est celle du cœur (Règle de la Communauté 5.5, Commentaire d’Habacuc 11.13) à défaut d’une circoncision charnelle, ce qui est prépondérant dans la pensée de Saint Paul. Ces manuscrits recèlent également d’autres sentences typiques du christianisme, et on peut croire que ces textes aient servi de brouillon aux Épîtres et aux Évangiles.

Les points communs ne s’arrêtent pas à de simples affinités philosophiques. Les esséniens avaient un mode de vie en communauté, ils observaient la chasteté : ils n’avaient aucune femme. Ils pratiquaient la bénédiction du pain et du vin (Règle de la communauté, 6.5) ; ils se baptisaient ; ils s’interdisaient toute nourriture animale sauf le poisson. Tout cela était identique aux pratiques chrétiennes de l’antiquité et, plus tard, aux cathares.

De plus, entre la fin de l’essénisme et le début du christianisme, il y a une cohésion évidente. Elle pousserait à prétendre que les esséniens, dès lors qu’ils cessèrent d’être «esséniens», furent «chrétiens». En effet, c’est seulement après 66-70 que le christianisme devint apostolique. Comme par hasard, il se développa immédiatement après, de la même façon que le bouddhisme s’étend aujourd’hui en Occident à cause de l’occupation du Tibet par les Chinois. À ceci s’ajoute l’incertitude quant à la datation exacte de Jésus-Christ, il ne serait pas impossible que celui-ci soit plus ancien qu’on ne le croit, raison pour laquelle le christianisme fut missionnaire bien après que le Christ fut mort.

Les esséniens considéraient leur «Maître de justice» comme leur élu, lequel doit annoncer la bonne parole, mais non pas le dernier élu, venu pour l’appliquer. Voilà peut-être pourquoi les chrétiens pensèrent que Jésus devait revenir lors de l’Apocalypse et que, dans l’Évangile selon St Jean, l’intervention du Christ est annoncée à nouveau : il sera le dernier pasteur de l’humanité. C’est ce personnage qui est mentionné par les esséniens dans le manuscrit 4Q534-536 et que Saint Malachie évoque comme le «Pastor Angelicus» 112e pape de sa liste, et 2e à venir après Jean Paul II. Les esséniens considéraient que leur culte serait rétabli à la renaissance d’Israël. Or, la découverte de leurs manuscrits coïncida avec sa formation. Certains prétendent que, dans un poème cathare de Persifal, probablement composé aux alentours du XIVe siècle, l’auteur chante : «Dans sept ans, le laurier reverdira» (en occitan : «Al cap de sept cens ans, verdégéo le Laurel»). D’autres prétendent que cette prophétie serait due à Bélibaste, lorsqu’il mourut, en 1321.

La doctrine des esséniens présente les aspects d’un dualisme mitigé, que l’on respire dans les Évangiles et les Épîtres de Jacques et Jean. A posteriori, cette doctrine a dévié dans deux directions opposées : le dualisme absolu du manichéisme, et l’abandon du dualisme d’un autre côté, chez les catholiques en particulier. Il faudrait peut-être se référer à l’essénisme pour retrouver l’essence du message chrétien d’origine.

Les esséniens se représentent Dieu comme un principe de totalité. L’homme, en tant que chair, est le néant. Ils attachent à Dieu le caractère d’unité, avec les mêmes caractéristiques que le Verbe dans l’Évangile de Saint Jean. Le Verbe – si on ne précise pas quelle personne, quel temps, quel verbe – serait l’essence de l’action, le «chaos», le «tout», le «tohu-bohu» que les cathares considéraient comme le principe du monde. Les hommes sont entre l’esprit mauvais et l’esprit bon, ils peuvent s’identifier à l’un ou à l’autre. Dans l’essénisme comme dans le zoroastrisme, c’est Dieu qui a créé ces deux esprits. Le Bien : c’est la totalité, l’infinité, l’autorité. Il inclut donc le mal ; or ce dernier est néant car il n’est que lui seul. Les esséniens, comme les cathares, rejetaient le monde. Ils lui associaient le mal, la corruption, la luxure, le péché.

manuscrits-mer-morte.jpgVoici l’aspect des manuscrits de la mer morte. Ci-contre : Les Fils de la Justice, 4Q424.

 

Après le Christ, il y eut la naissance de beaucoup de sectes, chacune revendiquant la véritable filiation avec le Christ. Le catholicisme, tout comme le manichéisme puis le catharisme, n’était que l’une d’elles. Si le catholicisme seul a survécu, c’est peut-être qu’il était béni de Dieu, mais peut-être également qu’il savait montrer plus d’intelligence dans sa façon de perdurer et notamment, puisque l’injustice est un avantage en la matière, en étant plus injuste.

Les manichéens distinguaient le corps de l’esprit. Ils pensaient que le monde avait été donné à Satan, expulsé du Paradis pour avoir voulu se faire l’égal de Dieu (être individuel), et il emporta dans sa chute un tiers des anges – que nous serions. On retrouve cette vision chez les cathares, dans le traité De Interrogation Iohannis, ainsi que dans le Coran (15.26). À l’origine de cette interprétation est la parabole du mauvais gérant, corrompant les ouvriers (Luc 15.16). Les manichéens expliquaient que le bon Dieu ne pouvait pas avoir créé le mal. Les douleurs, les souffrances et les péchés n’étaient pas sa création. Un tel point de vue avait le mérite d’être en apparence plus logique. Quel était leur constat ? Le monde n’est que souffrance et ignorance : rien que Dieu ait voulu. Comment pourrions-nous les lui attribuer ? L’Église romaine, dans son ensemble, semblait ignorer ce point ; et quelle que fut l’explication des manichéens, elle avait le mérite d’exister.

Les manichéens voyaient le monde différemment et avec l’avantage de ne pas mettre les douleurs en apparen-ce injustes sur le compte de Dieu, ainsi que font les chrétiens à l’heure actuelle. Car, allez dire à la mère qui a perdu son enfant : «C’est Dieu qui l’a voulu», ce qui est pourtant la conséquence logique du raisonnement selon lequel Dieu a ordonné l’univers et le temps. En fait, l’erreur de chacun était de considérer la perte d’un enfant comme une douleur. Car qui croit en Dieu sait aussi que la mort et la souffrance ne sont rien que des illusions, supports d’une prise de conscience pour se dégager de la matière, et non des choses qui sont réellement mau-vaises. Quand nous réveillerons nous enfin de ce rêve, où nous avons plongé par attirance ? E.B.

 

Jésus le Nazaréen eut-il une descendance?

par José Luis Gimenez

Photo : Retable de Marie-Madeleine avec les apôtres

Ma source d’information m’a conduit à réaliser un voyage énigmatique. Un voyage qui m’amena à découvrir des aspects inconnus et insolites du personnage de Marie-Madeleine, le nom que la tradition chrétienne donna à la Myriam Migdal juive ou Marie de Magdala qui remplit un rôle si pertinent dans le Nouveau Testament de la Bible.

On a écrit beaucoup sur Jésus le Nazaréen, nom que certains attribuent à la bourgade de Nazareth. En revanche, d’autres auteurs soutiennent que cela indiquait son appartenance à la secte juive des Nazarites ou Nazaréens qui, entre autres voeux, faisaient celui de ne se couper ni les cheveux ni la barbe. Toutefois, nous savons très peu de choses avec certitude sur sa vie.

Le Nouveau Testament collecte quelques moment fondamentaux de la vie de Jésus dans les quatre Evangiles canoniques. Mais ceux-ci font seulement référence à sa vie publique avec l’objectif de démonter qu’il était le Messie promis à Israël, et d’une manière détournée, à sa vie privée. Dans d’autres textes, connus comme apocryphes, nous pouvons obtenir une information complémentaire. Entre autres, se détachent les découvertes en 1945 à Nag Hammadi (Haute Egypte).

Dans les Evangiles apocryphes de caractère gnostique, on parle d’un Jésus intimement attaché à Marie-Madeleine, on affirme aussi que Pierre montrait une certaine méfiance et jalousie envers cette femme, se refusant à accepter qu’après sa mort, Christ ressuscité lui aurait confié ses enseignements secrets et la primauté de la communauté de ses successeurs.

Selon certains de ces textes, comme l’Evangile de Philippe, Madeleine était la compagne de Jésus et on mentionne même l’existence d’une descendance des deux en termes clairs : « il existe le mystère du Fils de l’Homme et le mystère du fils du Fils de l’Homme ».

D’autant plus que cet évangile développe cette affirmation, soutenant que Christ avait la capacité de créer et celle d’engendrer, pour finir par suggérer que son union avec Madeleine fut un « mariage sacré », lequel se différencie du mot profane et le qualifie d’authentique mystère.

Il ne fait aucun doute que ces textes apocryphes poursuivis et détruits par l’Eglise depuis les années qui suivirent le Concile de Nicée au IVème siècle, laissèrent la place à une légende qui circula amplement durant le Moyen Age. Mais, jusqu’à quel point était-il possible de vérifier la persistance de cette tradition ?

Photo : Monastère de Sainte Marie de Oia Pontevedra

Je fis mes premières trouvailles dans « le chemin de Saint Jacques » celui de Prisciliano qu’il convient mieux d’appeler « l’Evèque hérétique » né en Galice fin 340. Prisciliano prèchait une doctrine gnostique, qui connut un grand succès dans le nord de l’Espagne et le sud de la Gaule. Presque tous les lieux en relation avec « le Chemin » étaient parsemés de références toponymiques d’Oc. Ce n’est pas par hasard qu’il y en ait une à Compostelle avec Marie de Magdala et le secret du Graal en Languedoc français, nous situant aux alentours de Rennes-le-Château, une des clés de l’énigme.

Ce fut au Monastère de Sainte Marie de Oia, dans son église monacale cistercienne du XIIième siècle, que je trouvai la première piste. Là se trouvait un retable qui décrivait la venue de l’Esprit Saint. D’un côté mon attention fut attirée par sa grande ressemblance avec le sceau des chevaliers Templiers de l’abbaye de Notre Dame du Mont Sion. De l’autre, le personnage central représentait Marie-Madeleine entourée des apôtres, tandis que le Saint Esprit, sous forme de colombe, descendait sur eux.

Photo : Sceau templier de l’Abbaye du Mont de Sion

Tout près d’où je vivais, je découvris un autre élément significatif. Il s’agissait du Monastère Royal de Sainte Croix appartenant à l’ordre cistercien, situé à Aiguamurcia, dans le Haut Camp, province de Tarragone. En plus de l’indubitable qualité artistique des différents styles représentés dans cette église monacale, mon attention fut attirée par l’une des deux chapelles situées sur les bas-côtés du Temple, à côté de la porte de l’entrée principale.

Cette chapelle consacrée à Saint Jean l’Evangéliste, allait me procurer de grandes et agréables surprises car sur l’image centrale du retable, apparaît le personnage de Saint Jean l’Evangéliste sous un aspect féminin très marqué : avec de longs cheveux roux et bouclés, des lèvres de couleur cramoisie charnues et sensuelles, portant une coupe ou Graal dans la main gauche à hauteur de la poitrine.

Observez la couleur rousse des cheveux

Comme je m’approchai et observai avec attention le retable, réalisé en bois polychrome et peint à l’huile, je découvris sept icônes ajoutées dans la partie inférieure et en l’observant avec attention, je vis qu’ils retraçaient différents passages bibliques concernant Jésus et Marie-Madeleine.

Bien que le personnage central du retable prétende être celui de Saint Jean l’Evangéliste, de nombreux détails le contredisent. Traditionnellement, on le représentait avec un aspect viril, à la barbe fournie et d’âge mûr presque toujours un livre à la main. Il suffit de se souvenir des toiles sur Saint Jean l’Evangéliste de peintres comme Le Gréco, Le Titien ou Vélasquez. Au contraire, le personnage central du retable est incontestablement féminin. Je l’identifiais à Marie-Madeleine par la crinière longue de couleur cuivre rousse, le type de vêtement et coloris les plus utilisés dans sa représentation, avec une dominante de rouge. Et aussi par le fait qu’elle tient dans la main gauche l’urne contenant les huiles avec lesquelles elle oint Jésus, renseignement sans équivoque, alors ainsi elle est comme on l’a représentée le plus souvent.

Comme nous l’avons mentionné, en dessous de l’image centrale, il y a sept iconographies, de moindre dimension, dans quatre d’entre elles, on peut reconnaître Marie-Madeleine et les trois centrales de plus grande dimension représentent des épisodes de la vie de Jésus : la naissance, la crucifixion et la descente de la croix.

Exposer et décrire en détail ce que représentent toutes les icônes serait impossible dans cet article à cause de la grande quantité de renseignements et photographies. Mais comme la principale évidence à laquelle nous avons fait référence se trouve précisément dans quelques unes de ces images, nous allons nous référer concrètement à ces derniers extraits.

Sur l’image centrale, apparaît la scène de la crucifixion de Jésus, entre les deux larrons et au pied, nous trouvons la plus grande des surprises : Marie-Madeleine enceinte !

Je contemplais la scène de tous les angles possibles pour exclure la possibilité d’une illusion d’optique. Mais il ne s’agissait d’aucune erreur d’appréciation. La Magdaléenne représentée au pied de la croix de Jésus, complètement défaite, la chevelure rousse lâchée et un mouchoir, dans la main gauche, trempé de larmes, était représentée enceinte, les seins gonflés, les mamelons bien marqués et le ventre proéminant dans la position caractéristique de la grossesse. C’est un ventre très bas, sur le point d’accoucher, dans la position qu’adoptaient jadis les femmes d’orient pour donner le jour. A côté d’elle apparaît un crâne traditionnellement associé à Marie-Madeleine dans l’iconographie.

Pour ne laisser aucun doute concernant sa grossesse, l’auteur du tableau peignit une espèce de halo, comme se faisait alors – tel que mon ami Manuel de Perea, peintre, orfèvre et sculpteur eut à coeur de me l’attendre, très qualifié pour apporter de telles références – qui va de l’épaule à la ceinture, marquant clairement la poitrine gonflée de la Magdaléenne.

 

Marie-Madeleine enceinte au pied de la Croix

Sur le tableau apparaissent seulement les deux femmes qui sont traditionnellement identifiées comme la Vierge Marie (mère de Jésus) et Marie-Madeleine, ce qui clarifie quelque doute sur l’identité et l’état du personnage représenté. Le troisième personnage est l’apôtre Jean.

C’était la preuve ou évidence définitive que je cherchais. Serait-il possible que personne auparavant ne l’eut remarqué ? Pendant combien de temps était resté caché le message du retable ? Maintenant toutes les pièces du puzzle commençaient à se mettre en place. Il était nécessaire d’observer avec attention le reste du tableau, bravant le temps écoulé depuis son exécution jusqu’à ce moment triomphal. Un moment que jamais je n’aurais pu imaginer.

Dans la scène suivante, nous pouvons voir la descente de la croix de Jésus déjà mort, entouré de divers personnages. De gauche à droite, apparaissent Marie, épouse de Cléophas et cousine de la mère de Jésus ; Joseph d’Arimathie avec la barbe et le turban typique que portaient certains pharisiens ; Madeleine qui apparaît avec l’urne aux huiles dans les mains ; Lazare-Jean, soutenant par les bras la Vierge Marie ; Jeanne, soeur de la Vierge Marie et tante de Jésus, qui apparaît agenouillée, serrant les pieds du crucifié ; et enfin, grimpé sur l’échelle appuyée sur la croix, un personnage qui pourrait bien être Nicodème.

Tableau de la descente de la Croix

Dans l’iconographie de la descente de la Croix, l’auteur nous donne un détail de plus grande importance : tous les personnages qui apparaissent sur le tableau, doivent forcément être des parents de Jésus.

Selon la loi de Moïse, il n’était pas permis de toucher les morts, à moins qu’ils ne fussent parents, comme nous pouvons le confirmer dans les Numéros 19-11 : « celui qui touche un mort, le cadavre d’un homme quelconque, sera impur pendant sept jours », l’interdit de toucher le cadavre est réitéré dans les Numéros 19:14-16, nous avons une plus grande précision.

« Yahveh dit à Moïse : -Parle aux prêtres, fils d’Aaron, et dis-leur : personne ne sera souillé avec le cadavre d’un ses siens, sauf s’il c’est l’un de ses parents les plus proches : sa mère, son père, son fils, sa fille, son frère. Il pourra aussi devenir impur par le cadavre de sa soeur, toujours vierge, pour ne pas avoir appartenu à aucun homme, si elle était sa parente la plus proche ». un passage que corrobore Ezéchiel 44,25 : « ne vous approchez pas d’une personne morte pour ne pas être souillé, mais pour le père, la mère, le fils, la fille, le frère, la soeur qui n’a pas de marie, pourra vous souiller ». Comme nous le voyons, il était permis seulement de toucher les familiers morts les plus proches. Dans ce cas, l’auteur du tableau laissait apparaître une fois de plus la relation de parent proche qu’affiche Marie-Madeleine par rapport à Jésus.

Le reste de l’iconographie aussi fait référence à la relation entre celle-ci et Jésus. En fait, il insiste à nouveau sur la même idée, comme nous pouvons le voir dans une autre image où elle apparaît avec les signes sans équivoque de la grossesse.

Finalement, le possible descendance de Jésus et Marie-Madeleine est attesté par l’auteur du retable dans d’autres tableaux où nous pouvons observer Marie-Madeleine, accompagnée là de ses deux rejetons, dans ce cas, deux fillettes jumelles.

 

Marie-Madeleine enceinte au pied de la croix Marie-Madeleine avec deux fillettes jumelles

Iconographie correspondant à Marie-Madeleine avec les deux fillettes jumelles, emmenées par la main ou dans les bras. L’évidence de la descendance de Jésus et Marie-Madeleine ?

Ce retable laisse un justificatif, sous forme imagée, d’une tradition très ancienne qui, en dépit de l’hostilité de l’Eglise, se transmit tout au long du Moyen Age. En bref, je reçus le message suivant :

- Le statut social de Marie-Madeleine dans l’image de la princesse avec l’inscription IVUSTICIA. - Epouse de Jésus, vêtue de deuil lors de la crucifixion avec la palme du martyr, également témoin du martyr auquel fut assujetti son souvenir à être présentée comme une prostituée quand, dans la Bible, il n’existe aucune base pour l’identifier avec le personnage de la pécheresse de l’Evangile. Cette identification arbitraire se consolida aux Vème et VIème siècle, projetant une représentation de discrétion qui voilà sa véritable valeur et sens historique. - Graal vivant en qualité de porteuse du sang de Jésus à travers sa descendance (la toile qui la représente enceinte, appuyée à la croix, en augmente l’intérêt) - Confirmation de la descendance (tableau avec les deux enfants jumeaux, dans les bras, montrant clairement sa parenté avec les ancêtres)

Il n’est pas possible de détailler en un article toutes l’information que j’approfondis par rapport à l’auteur du retable, tâche que j’abordai dans mon livre, mais il suffit de se rappeler que le Monastère de la Sainte Croix appartenait à l’ordre Cistercien, fondé par Saint Bernard de Clairvaux, qui à son tour, intervint de façon décisive à la création de l’ordre des Chevaliers Templiers.

Saint Bernard de Clairvaux

Postérieurement, ceux-ci atteignirent le Monastère de la Sainte Croix à travers l’ordre militaire de Sainte Marie de Montesa, fondé en 1319 par le roi Jaime II d’Aragon, pour accueillir les Chevaliers de l’Ordre du Tempe qui réussirent à fuir la persécution du roi Philippe IV le Bel de France, avec l’approbation du pape Clément V.

Les Chevaliers Templiers qui parvinrent à fuir de France, se réfugièrent dans d’autres ordres comme celui de Montesa ou Calatrava. Avec eux aussi arrivèrent les connaissances secrètes de l’ordre pour lesquelles ils avaient été accusés d’hérétiques. Parmi ces secrets, celui de l’existence d’un Sang Royal (Saint Graal) a toujours été propagé, qui revendiquait une descendance sacrée qui remontait à Jésus et Marie-Madeleine.

Le retable, que nous avons examiné réalisé en 1603, nous le livre en utilisant le langage occulte de l’initié pour transmettre sous forme masquée une tradition considérée comme hérétique dont les dépositaires en Europe occidentale avaient été les chevaliers Templiers et auparavant les Cathares.

Sincèrement, je crois que les évidences parlent d’elles-mêmes. Mais nous envisageons qu’il s’agit d’un retable du début du XVIIème siècle et qu’antérieurement à cette époque, il existait déjà des iconographies et tableaux suffisamment connus de Saint Jean l’Evangéliste, parmi lesquels ceux déjà cités du Titien, du Gréco et Vélasquez, pour ne prendre que quelques exemples, qui projettent sans exception une image marquée de virilité de ce personnage. Cette tradition exclut que ledit personnage puisse correspondre à l’image féminine représentée sur le retable de l’église du Monastère de la Sainte Croix.

Il me paraît incroyable que ce retable n’ait pas attiré l’attention de quelqu’un auparavant (pour le moins je n’en ai pas la preuve). Mais comme dirait Hermès (mon énigmatique informateur) : « tout arrive en son temps » et peut-être est-ce maintenant le moment propice.

Extrait du livre « El legado de María Magdalena – l’Héritage de Marie-Madeleine » de José Luis Giménez

SOURCES :

Dossier réalisé par Miléna, à partir de plusieurs sources, vous pouvez copier ce texte sans omettre de citer les sources, et le site Elishean.

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Date de dernière mise à jour : 30/01/2014